Chapter Text
Sous la ville de Yharnam, dans les profondeurs de la terre, se trouve un immense réseau de galeries souterraines. Un véritable labyrinthe sculpté par l’antique civilisation des Pthumeriens, aujourd’hui disparue. Il s’agissait de leur lieu de vie mais aussi du tombeau de leurs dieux.
On raconte que les Pthumériens étaient des êtres surhumains qui auraient libéré la sagesse de la vérité ésotérique. On retrouve des traces de cette civilisation dans de nombreuses régions. Après la disparition de leurs dieux, ils commencèrent à se proclamer et couronner eux-mêmes leurs propres chefs. Ils auraient également construit leur capital en plein cœur de ce gigantesque dédale, juste en dessous du cœur de l’actuelle Yharnam.
Mais un jour, quelque chose de terrible arriva, les différentes civilisations Pthumériennes s’éteignirent les unes après les autres. Maladies, catastrophes naturelles, guerres, attaques de monstres, disparitions inexpliquées… ils semblaient en proie à de nombreux fléaux.
Il y a plus d’un siècle, une guerre éclata entre la dernière grande civilisation Pthumérienne et la surface. Aucun des deux camps n’en ressorti victorieux. De tous les guerriers qui avaient été envoyés dans les profondeurs de la terre, peu revinrent. Ceux encore sain d’esprit racontèrent que tous les Pthumériens étaient devenus fous, difformes et bien plus forts et rapides qu’un humain ordinaire. Ils étaient devenus des monstres.
C’est ainsi que les labyrinthes sous Yharnam furent scellés, et les derniers Pthumeriens avec. Ce ne sont plus que des ruines à présent. Il ne reste seulement d’eux et de leur savoir que les quelques reliques ramenées à la surface.
Des décennies plus tard, juste en périphérie de la métropole, des catacombes menant à ces anciens complexes furent mises à jour. Avec elles, de nombreux nouveaux artefacts. Les savants, les esprits brillants, les familles de hautes naissances, mais aussi des personnes bien plus modestes voulurent connaître les secrets de cette civilisation disparue.
"Comment les Pthumériens étaient-ils devenus aussi puissants ? Qu’avaient-ils découvert ? Pourquoi s’étaient-ils éteints ? Avaient-ils vraiment réussi à entrer en communion avec les dieux ? Comment utiliser toutes ces connaissances dans un but commun ? "
Il fallait créer un lieu de savoir et d’apprentissage unique pour répondre à toutes ces questions, en tirer le meilleur et les mettre en application. C’est ainsi que l’université de Byrgenwerth fut fondée.
Un jour, un groupe de savants fit une découverte extraordinaire dans l’ancien labyrinthe. Ils assimilèrent la connaissance ésotérique et ramenèrent un médium sacré possédant des propriétés exceptionnelles. Il s’agirait du sang même des dieux. Dans le but d’élever l’humanité et de recontacter les grands anciens, leur soif de connaissance les poussa à aller toujours plus loin. Cependant, cette insatiable curiosité les amena aussi à reproduire les mêmes erreurs que leurs prédécesseurs. Voici comment leurs rêves se transformèrent en véritable cauchemar.
Des ossements et des crânes par centaines habillaient les murs des anciennes catacombes. Ces galeries sombres, froides et humides sur lesquelles quelques gouttes d’eau ruisselaient et où le silence semblait régner à tout jamais. Cependant, des échos de pas se mirent à résonner de plus en plus fort. Derrière la faible lueur d’une lumière transperçant l’obscurité, deux formes apparurent.
Par chance, il s’agissait de simples humains, tout à fait normaux. Avec leur uniforme brun et leur longue robe noire il ne pouvait s’agir que d’étudiants ou de membres de Byrgenwerth.
L’un des deux brisa enfin le silence glacial en s’adressa doucement à son camarade. "Tu es sûr que c’est par là ? "
"Oui c’est par là. On y est allé l’autre jour avec les professeurs." lui répondit celui qui était en tête, un jeune homme blond. Après quelques instants celui-ci s’arrêta. Des grattements et des couinements résonnaient dans les tunnels. Il interrogea son compagnon : "Tu entends ça ? "
Son suiveur, un autre étudiant avec des cheveux bruns et courts, s'était arrêté derrière lui et semblait inquiet : "Est-ce que c’est…"
"Surement un rat oui…"
"C’est très bruyant pour un simple rat non ? "
Il réfléchit quelques secondes avant de lui répondre. "Il y en a peut-être beaucoup ? "
Son ami le regarda perplexe, mais avant que celui-ci ne puisse répondre, il ajouta en rigolant. "Ils sont plutôt gros aussi. Tu aurais dû voir celui qu’on a vu un l’autre jour ! "
Rien que d’imaginer un tel chose, cela le fit frissonner. Il se contenta de vite enchaîner. "On fait quoi du coup ? Je n’ai pas envie de me faire mordre ou d’attraper un truc ! "
"Ne t'inquiète pas, on peut faire un détour par là-bas. On est plus très loin de toute façon."
Après quelques minutes de marche, ils arrivèrent enfin à destination. Ils se retrouvèrent devant une immense double porte de plusieurs mètres de haut. Leurs lanternes arrivaient à peine à éclairer tout l’ensemble. En plus de l’imposante arche la surmontant, de nombreux bas-reliefs ornaient cette imposante porte en pierre. Elle semblait très lourde et bien trop épaisse pour pouvoir entendre de l’autre côté. Il n’y avait aucune serrure, poignée ou quoique ce soit qu’on puisse retrouver sur une porte ordinaire.
"C’est l’entrée d’un des anciens labyrinthes ! D’après maître Willem et les autres professeurs en tout cas. Tu sais bien, ceux qui ont été scellés il y a longtemps. » Il fit une courte pause. "Je devais te la montrer."
"C’est impressionnant » s’émerveilla le second. "Ont-ils déjà réussi à l’ouvrir ? "
"Pas pour l’instant malheureusement. Personne n’a réussi à la faire bouger."
"Ces ornementations sont si minutieuses et détaillées !" s’exclama-t-il émerveillé.
"C’est vrai… Tu sais, de ce que j’ai entendu, il vont demander à certains religieux de la ville s’ils peuvent emprunter leur calice pour essayer d’ouvrir la porte. Mais bon je ne vois pas comment une simple coupe pourrait ouvrir une porte. Ce n’est pas une clé à ce que je sache…" Il leva un sourcil et regarda son camarade dans l’attente d’une bonne remarque de sa part.
"C’est vrai mais… regarde les gravures. On peut voir les Pthumériens mettre des euh… diverses substances et matériaux dans le calice. On dirait qu’ils effectuent une sorte de rituel avec. Peut-être que c’est un indice ? "
"Oui en effet ils ont l’air de mettre une sorte de liquide dedans..."
Ils regardèrent encore la porte quelques instants en silence.
"Bon. On remonte maintenant ? " lui demanda-t-il doucement.
"Déjà ? Tu as peur ? "
"Non mais je n’ai pas envie qu’on ait encore des problèmes tu sais."
"A cette heure-là il n’y a personne qui traîne ici.” Normalement . "Mais oui je t’ai montré ce que je voulais et c’est fait. Et au pire on tombera juste sur l’un des gardiens de l’école et on improvisera ! "
"Oui comme toujours." Les deux se mirent à rire.
"Au fait, merci d’avoir accepté de venir avec moi…" murmura-t-il en se détournant de son ami.
"Mais bien sûr ! Merci à toi de m’avoir montré l’entrée du labyrinthe." lui répondit-il chaudement.
Ils décidèrent donc de commencer à remonter vers la surface. Après un dernier coup d’œil vers la grande porte, leurs regards fut de nouveau accueilli par le sol rocheux et les os. Au bout d’un moment, une autre paire de pas semblait résonner à son tour. Les deux s’arrêtèrent pour écouter.
"T’entendent ça !? " chuchota le brun inquiet, par-dessus l’épaule de son ami.
"Oui j’entends ça ! " lui lança-t-il à voix basse essayant de garder son calme.
Les pas continuèrent encore quelques secondes avant de s’arrêter. Ils se regardèrent perplexes, mais avant qu’ils ne puissent en dire d’avantages, des murmures intelligibles parvinrent à leurs oreilles. Ils se tenaient maintenant immobiles, agrippant chacun le bras de l’autre.
Après quelques minutes les murmures ne s’arrêtaient toujours pas. Ils semblaient devenir de plus en plus forts, mais toujours impossible de comprendre quoique ce soit.
Une fois les deux un peu plus calmés, ils se demandèrent s’ils devaient essayer de faire du bruit et de signaler leur présence. Il ne pouvait s’agir que d’un des surveillant de l’université ou d'un autre étudiant bravant l’interdit. Ils étaient encore dans les terrains de Byrgenwerth, ça ne pouvait pas être un pilleur n’est-ce pas ?
Au bout d’un moment ils décidèrent d’essayer d'interpeller la mystérieuse voix. Ils n’eurent aucune réponse et les murmures continuèrent. Ils avancèrent très doucement puis remarquèrent que ces chuchotements provenaient d’une des galeries annexe, reliée au chemin principal.
Ils se regardèrent droit dans les yeux pour savoir quoi faire. Malgré leur peur ils avaient été piqués de curiosité, ils décidèrent donc de s’engouffrer dans l’allée secondaire. Ils ne s’arrêtèrent que quelques dizaines de mètres plus loin et c’est là qu’ils l’aperçurent. Ils virent un humanoïde très grand, nu, la peau pâle presque bleue et squelettique, se tenant dos à eux. On aurait dit un cadavre mort vivant.
Les deux jeunes hommes étaient tétanisés. Le brun chuchota en bégayant à son ami : "C’est… c’est un… un Pthumérien ? N’est-ce… n’est-ce pas ?! "
Il lui répondu en essayant d’articuler : " Je… je ne sais pas... Je pensais qu’ils avaient tous disparu. Et merde ! On fait quoi ? "
"On peut essayer de-"
"De lui parler ?! "
"Ba… on peut toujours essayer… non ?! " Après quelques longues secondes de silence, il commença d’une faible voix : "Êtes l’un des veilleurs du labyrinthe ? " Aucune réponse. L’être continuait de marmonner dans son coin.
Son ami décida de continuer, mais sur un ton un peu plus fort. "Oh, fière et brave Pthumérien, gardien des dieux, es-tu venu partager avec nous ton immense sagesse ? " Toujours aucune réponse.
Les deux étudiants se regardèrent sans trop savoir quoi faire. Le grand brun prit un petit caillou et le lança contre l’une des parois dans l’espoir d’attirer son attention. Les murmures s’arrêtèrent mais toujours aucune réaction.
Le blond décida de l'interpeller en criant : " HEY !!! " Toujours rien si ce n’est le silence et le crépitement des lanternes. Les deux jeunes étaient en train de se chuchoter qu’il vaudrait mieux partir maintenant en espérant que les autres les croiraient quand soudain la figure se retourna lentement vers eux.
Ses yeux étaient complètement noirs, on ne pouvait discerner s’il possédait réellement des globes oculaires dans la pénombre. Ses traits reflétaient l’état détérioré du reste de son corps. Sa bouche était grande ouverte, béante et aussi noir que ses orbites.
Les deux étaient incapables de bouger, fixant ce qu’il se trouvait devant eux. Soudain, la créature se mit à pousser un hurlement strident et fit deux pas en avant. L’un fit tomber sa lanterne, puis aussi vite qu’ils purent et en criant également ils s’enfuirent vers la surface.
Contrairement à ce que tout le monde pensait depuis de nombreuses années, les Pthumériens étaient encore bel et bien là, dans les profondeurs de la terre, attendant patiemment que des esprits curieux ne viennent révéler tous leurs secrets.
A l’extérieur, la lune était déjà haute dans le ciel lorsque les professeurs et les gardiens de l’école terminèrent enfin de sécuriser l’entrée de l’excavation et ses alentours. Ils attendaient maintenant les directives de leurs supérieurs et peinaient à faire partir le nombre grandissant de chercheurs et d’étudiants qui étaient venus se masser devant eux.
Personne n’avait pu passer à côté des cris résonnant sur tout le campus, des deux élèves revenus terrifiés du souterrain. Tout le monde voulait savoir s’ils avaient véritablement aperçu un réel Pthumérien !
Le personnel et les hauts placés de l’école doutaient de cette affirmation, mais après avoir questionnés les élèves et vu à quel point ils étaient horrifiés, ils comprirent qu’il ne pouvait pas s’agir d’un simple canular de leur part. Eux qui sont d’habitudes si intrépides… Quelque chose n’était pas normal.
De plus, avec les mystérieuses disparitions dans les catacombes de la ville, ils ne pouvaient pas prendre ce genre de choses à la légère. Quoique qu’ils aient vu, il fallait s’assurer que ce ne soit pas dangereux. Ils ne pouvaient pas prendre le risque d'amener du monde dans les galeries et de continuer leurs études dans ces conditions.
Ils espéraient vraiment qu’il s’agissait d’un simple d’un malentendu. Peut-être que leur vision leur avait joué un tour ou qu’il s’agissait simplement d’une mauvaise blague. Il pourrait aussi très bien s’agir d’un pilleur armé… mais si c’était réellement d’un Pthumérien, alors cette découverte serait capitale pour l'avancée de leurs recherches.
Maître Willem, le Provost de Byrgenwerth décida donc d’envoyer en éclaireur des gardiens de l’école. Une fois qu’ils seront revenus pour partager ce qu'ils ont trouvé, il avisera. Beaucoup semblaient terrifiés à l’idée d’y aller, tandis que d’autres semblaient un peu trop… enthousiastes. Il proposa donc la tâche à trois personnes qui faisaient partie de ces plus fidèles et ingénieux subordonnés. Des personnes tout à fait capables d'assurer la sécurité de l'établissement et de retrouver quelqu'un très rapidement tout en gardant leur sang-froid.
La petite équipe était ainsi composé de :
Liam, le surveillant de l’entrée principale, qui avait avec lui une lanterne et un fusil.
Dores, la gardienne du cimetière et des alentours extérieurs du collège. Elle était armée d’un fin couteau de boucher et d’une petite scie.
Enfin, il y avait Gehrman. Il était chargé d’entretenir et de surveiller les terrains de Byrgenwerth. Il avait apporté avec lui une lanterne et un couteau de chasse, mais on le remarquait surtout à la faux qu’il tenait et dont il se sert habituellement pour défricher. Dans la confusion générale c’était sûrement la première chose qui lui soit passé sous la main.
Willem demanda également que tous les étudiants et la foule soient renvoyés dans leur dortoir. Beaucoup s’en retournèrent donc d’où ils venaient, mais un certain nombre patientait encore tranquillement devant la zone délimitée. Ils espéraient peut-être pouvoir obtenir plus d’informations ou même de pouvoir apercevoir la mystérieuse entité. Pour ne pas arranger les choses, certains retardataires arrivèrent pour prendre la place de leurs camarades qui venaient d’être congédiés.
La mystérieuse créature était censée se trouver à proximité de la grande porte scellée et seulement la lanterne perdue permettrait de servir de repère. Cela pourrait prendre un peu de temps d’aller vérifier puis de revenir.
Une fois ces trois-là partis sous terre, ceux restés en arrière attendirent de longues minutes dans un silence presque étouffant. Seulement quelques personnes chuchotaient encore entre elles et une poignée semblait encore particulièrement enthousiaste. Certains faisaient des allers-retours ou se frottaient nerveusement les mains, tandis que d’autres affichait un visage inquiet.
Après deux dizaines de minutes, Gehrman ressorti à la surface, seul. Il semblait soucieux, voire troublé. Plusieurs personnes voulurent immédiatement l’interroger. Il commença simplement par annoncer d’une voix calme que les autres allaient bien et qu’ils les attendaient plus loin dans les catacombes.
Avant que d’autres questions ne lui soient posées, Willem l’emmena à l'écart quelques instants. Le jeune gardien chuchota ensuite à son oreille ce qu'il avait dû se passer. Le Provost réfléchit profondément, la main sur le bas de son visage. Après un temps de réflexion, il annonça qu’ils allaient descendre dans les catacombes. Une douzaine de personnes, avec au moins une arme chacune viendraient avec eux, ceux restant devront patienter à l’entrée du souterrain.
Une fois le groupe formé, ils commencèrent leur descente dans la galerie. Après avoir atteint l’obscurité complète, le groupe s’arrêta tandis que Willem et Gehrman leur résumèrent la situation. Il semblait que nos gardiens et les deux étudiants avaient bel et bien trouvé l’un des veilleurs des anciens labyrinthes Pthumériens.
Parmi ceux qui eurent le privilège d'accompagner le Provost, un jeune professeur avait réussi à se glisser au sein du groupe. Avec sa petite stature, bien plus proche de celle d’un étranger que d’un Yharnamien ordinaire, il pensait peut-être qu’il ne se ferait pas trop remarquer. Néanmoins son ami n’eut aucune difficulté à le repérer.
Tandis que Willem faisait une énième lecture sur les Pthumériens leur civilisation et les anciens dieux au reste du groupe, Gehrman vint se planter juste à côté du prometteur chercheur, le fixant quelques secondes avant d’engager la conversation.
“J’espère que tu as demandé à Maître Willem pour venir au moins… Laurence ?” Il affichait un léger sourire.
“Mais bien évidemment mon cher ami, tu sais que je suis toujours les règles.” répondit calmement un homme avec des cheveux brun sombre, un léger sourire au coin.
Gehrman acquiesça de la tête avant d’ajouter : “Et… tu as une arme au moins ?”
“Bien sûr, j'ai toujours mon scalpel avec moi.” Il sortit de sa manche, d’un air satisfait un petit scalpel de chirurgie argenté. “Et au pire il y a assez de vieilles armes ici”. On pouvait en effet retrouver quelques épées et lances rouillées éparpillées dans les ossements, mais elles étaient complètement inutiles.
“Oh ça va alors.” répondit Gehrman sur un ton sarcastique. Laurence observa ensuite la faux de celui-ci, il l’indiqua d’un geste de sa main avant de demander sur un ton amusé. “Et ça c 'est efficace au moins ?”
“Comme un grand bâton avec un bout de fer pointu au bout. Je suppose…"
“Tu t’en ai déjà servi contre quelqu’un en vrai ?” demanda Laurence avec énergie. Son ami le regarda confus, il enchaîna donc pour couper le long silence entre eux. “Hm qui sait…” Son sourire grandit et il mit dans les mains de Laurence son arme improvisée. “Tiens t’as qu'à essayer pour une fois”.
Laurence se contenta juste d’un hochement de tête. “Très bien” annonça-t-il satisfait. Gehrman reparti ensuite se mettre à l’avant du groupe pour tous les guider.
Après de longues minutes, ils aperçurent enfin Dores et Liam. Ils semblaient particulièrement nerveux et en retrait de là où ils avaient été laissés.
En tournant leur tête vers le fond du tunnel ils l'aperçurent enfin, le Pthumérien. Il était recroquevillé au sol tout au fond du couloir.
Gehrman semblait très surpris. “Euh…Vous allez bien ?!”
Willem semblait tout aussi stupéfait, ça ne correspondait pas à la situation qu’on lui avait décrit. Le veilleur était censé être vivant.
Liam fut le premier à répondre, hésitant. “Le Pthumérien il euh…”
Dores enchaîna. “Il est juste tomber d’un coup !”
“Oui il s'est pris la tête dans ses mains, puis s'est mis à hurler et il est tombé.”
“On l’a même pas touché ! Et il ne bouge plus depuis…” Même Dores semblait inquiète, quelque chose de très inhabituel.
“Est ce qu’il est… mort ?” demanda l’un des érudits.
Les deux gardiens se regardèrent avant de regarder le groupe avec un regard indiquant leur incertitude. Ils ne pouvaient pas être sûrs.
Malgré l’inquiétude de certains chercheurs, beaucoup étaient presque émerveillés. “Un véritable Pthumérien…”
“Dans tous les cas, on ne peut pas le laisser ici. On doit le récupérer.”
“Cette découverte est capitale !” ajouta un autre.
Maître Willem était entièrement d’accord. “Nous allons en apprendre beaucoup et peut-être enfin pouvoir briser les sceaux des anciens labyrinthes !”
Néanmoins il restait un problème à résoudre, il fallait vérifier que le Pthumérien soit réellement mort.
Le Provost regarda les membres de son personnel les uns après les autres, les professeurs firent de même. La plupart des pairs d’yeux se posèrent donc sur Gehrman. Celui-ci observa tout le monde avant de prendre une grande respiration et d’aller récupérer sa faux, dans la main de Laurence.
Dans le silence on entendait seulement le bruit de sa prothèse taper contre le sol tandis qu’il se rapprochait lentement de la forme recroquevillée. Toutes les discussions s'étaient arrêtées et tous avaient maintenant le regard fixé sur la même chose.
Il regarda le veilleur sous différents angles avant d'essayer de lui bouger le pied avec le manche en bois de son outil. Aucune réaction. Il essaya ensuite de lui bouger doucement le torse. Toujours aucune réaction. Enfin, il tourna délicatement sa tête qui était face contre terre… rien. Il ne semblait même pas respirer. Gehrman se retourna face au groupe et leur fit un signe de la tête.
Maître Willem décide donc de s’approcher, les autres restèrent derrière lui à une certaine distance mais les trois gardiens restèrent près de lui.
Il s’agenouilla pour observer le Pthumérien, complètement fasciné. Il lui regarda la tête puis souleva son coude squelettique. Il pouvait sentir un très faible et lent pouls, c’est alors que sans crier garde, l’être qui semblait mort il y a encore quelques instants attrapa violemment le bras du Provost. Gehrman s’interposa rapidement et réussit à repousser le veilleur qui grognait et bougeait frénétiquement. Liam mit la créature en joue alors que tout le monde commençait à paniquer.
"Attends ! Il nous le faut en bon état !” lui cria Maître Willem et fit signe de la main aux autres de rester en arrière. Le Pthumérien commença à prendre de l’élan pour se jeter sur eux, c’est alors que Dores s’interposa devant les autres et porta un coup de poing en plein visage de l'assaillant. Celui-ci recula directement, désorienté par le choc. Le personnel et les chercheurs étaient tous prêts à répliquer s’il le fallait mais le Pthumérien se retourna, fit quelques mètres dans le couloir puis s’agenouilla au sol, dos à eux.
Il tandis ces bras à la perpendiculaire puis commença à marmonner une sorte de prière dans une langue ancienne. Le groupe était encore plus déconcerté par cette réaction imprévue. Personne ne bougea. Après quelques long instants, il ramena ses bras puis s’écroula au sol, mort. Réellement mort. Tout le monde resta complètement abasourdi par ce qu’il venait de se passer. Ils étaient tout simplement stupéfaits, cloués sur place, les yeux écarquillés, certains frissonnaient même.
Son corps fut ensuite ramené à la surface.
A huit clos certains érudits eurent le privilège d'assister au premier examen médical d’un Pthumérien depuis plus d’un siècle. Cette première opération leur apprirent de nombreuses choses.
Son système nerveux et l'arrangement de ses aires cérébrales étaient inhabituels, cela présageait d’une grande connaissance et d’une importante puissance ésotérique. C’est ce savoir qui avaient donné au Pthumériens une grande sagesse et leur permirent de se rapprocher des dieux. Ils découvrirent aussi que son sang possédait des facultés d'auto-guérison et de régénération remarquables.
C’est grâce à son sang et au calice de Pthumeru que les savants réussirent enfin à déverrouiller la grande porte menant au labyrinthe Pthumérien. C’est ainsi qu’une nouvelle ère de recherches, de prospection et d’expérimentations commença.
Une ère qui changea Yharnam et ses habitants, à jamais.
