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Rating:
Archive Warning:
Fandoms:
Characters:
Language:
Français
Stats:
Published:
2024-06-27
Updated:
2025-12-03
Words:
6,442
Chapters:
4/?
Comments:
10
Kudos:
1
Hits:
48

Les Aventures du Petit Jardinier de BoisFeuillu

Summary:

Dans la forêt de BoisFeuillu, les animaux sont bien élevés. Ils portent des vêtements et se promènent sur deux pattes. L'un des habitants, Monsieur Francis, est un paisible lagomorphe cultivateur de légumes. Un beau jour, une nouvelle et mystérieuse voisine, Madame Ashtoreth, va le conduire à changer un peu ses habitudes de vie.
Cette histoire est comme un conte pour enfants, mais avec parfois des sujets plus adultes - Eh, j'ai pas dit "coquins" !

Notes:

Bonjour tout le monde !

Il y a quelques temps, FlyingRotten publiait sur son compte Twitter quelques images de Nanny Ashtoreth et Brother Francis, respectivement sous les traits d'un corbeau et d'un lapin anthropomorphes. L'histoire que vous vous apprêtez à lire est née de mon interprétation de ses dessins. Merci à l'artiste d'avoir accepté que j'en fasse quelque chose !
N'hésitez pas à faire un tour sur le Twitter de FlyingRotten, dont l'imagination foisonnante est une vraie bulle d'oxygène. Camille, si tu lis ceci, merci beaucoup.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez.

Chapter Text

Depuis plusieurs jours, il soufflait un vent de tous les diables. Il engourdissait les membres, giflait les joues, mordait la peau. La moindre inspiration de cette brise glaciale gelait l'être, des poumons jusqu'au cerveau. Sans pitié, le froid enveloppait n'importe quel fou qui osait s'aventurer hors de sa tanière.

Une nouvelle bourrasque souffla, plus violente encore que les précédentes. Elle fit tomber au sol une nouvelle couche de neige. Les arbres parurent hurler. Au bord de la rupture, les troncs les plus fins se penchaient et s'inclinaient. Poussé par un souffle trop fort, un vieux chêne chuta dans un tonitruant craquement, emportant avec lui les branches des arbres voisins. La terre trembla alors que le mastodonte rendait son dernier soupir.

C'était un de ces hivers qui devait rester dans les mémoires des petits habitants des bois.

Heureusement, à cette heure-ci, il n'y avait pas une frimousse dehors. Tout le monde était bien au haut, et bien préparé à résister à cette froide période.

Excepté, bien sûr, la silhouette recroquevillée au pied de ce sapin, gelée jusqu'aux os. La seule créature assez folle pour s'aventurer dehors, à des lieues à la ronde. Un coup d'œil, rapide et négligé, pouvait la confondre avec un vieux gilet sombre et abandonné sous la neige. Mais non, il s'agissait bien d'un être vivant. Qui bientôt, ne vivrait plus. C'était une certitude absolue. La mort allait bientôt être une libération, après tant de semaines de souffrance. Affamée, épuisée, la silhouette serra les dents, juste le temps d'avaler un filet de salive glaciale. Puis elle leva une aile tremblante, tentant de frictionner la peau sous les plumes.

C'était son dernier hiver.

Celui qui lui avait arraché tant d'Amour. Son avenir. Toute sa joie. A quoi bon continuer à vivre, dans de telles conditions ?

Brûlée par le froid, sa patte écrasa l'épaisse couche de poudreuse, y laissant ses empreintes si caractéristiques.

Un pas, compta-t-elle mentalement en touchant le sol.

Maintenant, il fallait lever la patte et creuser une nouvelle empreinte. Plus loin. Un peu plus loin. Mais à quoi bon ? Au prix d'un immense effort, elle décolla ses serres de la neige qui lui cuisait la peau.

Un… pas.

Elle n'avait plus rien. Plus personne. Même l'impétueux soleil, sous le rayon duquel elle jouait, railleuse… Même lui, s'en était allé. Caché sous une épaisse couche de nuages, depuis des semaines à présent.

Il faisait froid. Le sol était de glace. La nourriture était rare. Et elle ne pouvait même plus s'alimenter.

Elle allait mourir.

Un pas.

Et au final, ce serait très bien comme ça.

Ce pas-là fut celui de trop. La patte trop maigre trembla et la silhouette bascula sur le côté, sans un cri. Elle roula dans la neige. Ses plumes déjà abîmées se plièrent, ses joues s'ouvrirent, ses longues pattes s'écorchèrent et sa tête heurta pierres et branches. L'ensemble finit par retomber dans un bruit mou de neige et de feuilles écrasées.

Cette fois, c'était fini.

Dans une euphorie qu'elle n'avait plus ressentie depuis des lustres, elle accueillit le froid qui l'engourdissait lentement. Son esprit s'égara doucement dans les souvenirs d'une époque heureuse, pleine de soleil et d'amour.

Elle n'entendit pas le bruit croissant de la neige qui se tassait sous le poids de deux pattes palmées. Tout au plus distingua-t-elle vaguement une ombre qui s'arrêtait au niveau de sa tête.

Elle ne sentit pas qu'on la soulevait du sol gelé.

Son esprit fuit.