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Deviltown

Summary:

Peu après son départ de la Cité des masques, Bianca se retrouve seule avec son petit frère Nico. Accompagnée mais solitaire. Trouvant finalement leur place dans une nouvelle famille, ils s'accommodent peu à peu à leur nouvelle vie. Mais la nuit, Bianca se retrouve à errer dans une étrange ville... Rêve ou réalité ? Seul le temps révélera la vérité et les mystères se cachant derrière l'existence d'apparence rutilante des deux lycéens.
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La couverture et la chanson Devil Town de Cavetown ne m'appartiennent pas, de même que la plupart des personnages qui sont de notre cher Rick Riordan.

Chapter Text

C'est précisément au moment où je pénètre dans le monde des rêves qu'un cri perçant déchire la nuit.
– AAAAAAAAAAAHHHHHHHH !!!
Je me réveille en sursaut et regarde autour de moi pour localiser la source de ce bruit à terrifier même le grand méchant loup, dans ce conte que l'on raconte aux petits enfants. Pas l'idéal pour s'endormir, si vous voulez mon avis. Papa disait toujours que je me montrais cynique, d'après mes plus brumeux souvenirs. Pour lui répondre, je haussais les épaules et lui rétorquais que j'aimais le sens de ce mot. À mon humble avis, je suis seulement honnête, contrairement à d'autres. Et quoi de plus génial que quelqu'un d'honnête ? Dites-le-moi.
Mon regard se pose sur le lit à un mètre du mien, abritant un petit garçon, connu sous le titre de petit frère. Nico ne cesse de bouger dans son lit, en agitant les bras, en pleurant comme s’il était un enfant de trois ans faisant un mauvais rêve. Bon sang, je sais qu'on est italiens, mais quand même ! Les gens imaginent les Italiens comme des machines à gesticuler. La plupart le sont, honnêtement. De plus, Nico est hyperactif, alors il ne passe pas une seconde immobile. C'est à la fois épuisant et apaisant à regarder, je trouve, comme de voir sa joie de vivre et son sourire gai. Moi, au contraire, je suis plus posée. Je réfléchis avant de parler, et je n'aime pas dépenser de l'énergie inutilement. Les gens pensent que je n'ai aucune motivation. À vivre, à s'activer. Parfois, les deux sont vrais. Seulement parfois. Quand le brouillard protecteur dans lequel je vis se désépaissit un peu trop, et que je suis à deux doigts de retrouver mon passé et ma vie d'avant. Je préfère ne pas y penser.
Je m'accroupis près de mon frère et le secoue par l'épaule.
– Chut, tu vas réveiller toute la maison !
Il se met en position assise et me regarde de ses grands yeux noirs.
– Désolé. J'ai fait un cauchemar, c'est rien.
– Non, c'est pas "rien". Tu pleurais. Raconte.
– J'ai rêvé que Daniel et Anna se fâchaient contre moi et... Et ensuite, ils...
Il se remet à sangloter, si bien que je l'attire contre moi pour le prendre dans mes bras. Il n'avait pas besoin d'en dire plus pour que je comprenne le motif de son cauchemar. Daniel et Anna sont nos parents adoptifs. Ils nous avaient pris sous leur aile quand nous étions au plus mal, Nico et moi, c'est à dire il y a déjà deux semaines. Avant cela, nous vivions à Venise, dans notre bien-aimée Italie natale, jusqu’à ce que notre mère vienne à mourir et que notre père américain prenne la décision de déménager aux États-Unis quand nous n’avions chacun que huit et neuf ans. Puis quand nous avons atteint respectivement neuf et dix ans, nous avons été placés en orphelinat pendant plusieurs mois. Je me rappelle peu de détails de ma vie d'avant, avec mes parents biologiques, mais je n'ai pas envie de savoir. J'aime mes parents adoptifs, et j'aime ma vie actuelle. Nico également. C'est pourquoi je comprends son inquiétude à l'idée qu'ils nous abandonnent. Mais ils ne le feront jamais, car ce sont nos parents maintenant, et ils nous aiment.
– Tout va bien, je lui murmure en commençant un doux mouvement de va-et-vient dans son dos pour le calmer. Je suis là.
Il me regarde dans les yeux avec une gravité qui ne lui est pas propre. Chaque larme coulant sur ses joues me fend un peu plus le cœur. Il est tout ce que j'ai, tout ce qui me rattache à ma vie d'avant, à mon identité, à ce qui fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Quand il souffre, je souffre également. C'est ça, être frère et sœur. Je ne sais pas si les autres sont comme nous, mais c'est comme ça que je le conçois.
– Tu me promets d'être toujours là pour moi ? il murmure en reniflant.
Je prends son visage humide entre mes mains.
– Regarde-moi bien.
Puis je serre sa main, très fort. Il répond en enroulant ses doigts autour de ma main et en lui appliquant une légère pression.
– Jamais, jamais je ne te laisserai seul, tu m'entends ?
J'observe ses traits fins d'enfant, ses grands yeux sombres et sa peau hâlée, si semblables aux miens, qui me rappellent vaguement le soleil d'Italie.
– On est les Di Angelo, non ? Ensemble jusqu'à la mort.
Il rit enfin, et je souris. Il entrelace nos doigts et je ris de son soudain sérieux.
– Ensemble jusqu'à la fin, il corrige.