Work Text:
Il y a des rêves dans lesquels on ne voudrait pas partir. Ceux qui sont si beaux dans leur simplicité, répondant à un besoin de notre réalité.
Il y a eu celui où l'étendue sablonneuse était infinie, sa couleur si douce qu'elle semblait presque matérielle dans sa consistance. L'eau de l'océan était claire et lointaine, comme à marée basse, brillante de mille feux mais sans jamais être aveuglante. L'horizon était étincelant, le ciel d'un blanc immaculé, rempli de la lumière de l'astre.
La chaleur faisait fleurir des frissons sur mon visage, goûtant l'ardeur du soleil à chaque respiration. Mes oreilles vrombissaient sous la douce température, les rayons lumineux caressant mon visage et mon corps.
Main en visière pour protéger du soleil descendant, la surface miroitante de l'océan était hypnotique. La quiétude y était ressourçante, l'unicité des couleurs apaisantes, la lumière revigorante.
Bien que rester semblait être très attrayant, en longeant la plage, il y avait un bateau. Reposant sur sa quille, l'ancre plantée et inclinée. Immense, de prime abord, le géant de fer était, comme le reste, étrangement réconfortant.
L'eau s'étant retirée, il était déposé là, délicatement appuyé sur un affleurement rocheux tout aussi grand. Sa coque vert d'eau tranchait avec le reste, en bon état malgré la rouille. Le tableau était complet quand le ponton qui le rejoignait, comme un quai aux pieds de bois haut de plusieurs mètres, attendait d'être parcouru jusqu'à sa fin.
Rester une seconde plus semblait impossible car ceci n'est que le fruit d'une imagination sans fin, prenant pour repère une réalité revenue trop vite. Si l'imaginaire a une limite elle n'en a que dans son apparition, sa concrétisation dans nos rêves.
Elle n'a que pour frontière la force qui la protège à l'esprit du rêveur de manière cohérente. De manière si organique que ses images voulues finissent par disparaître de notre conscience si on ne pose pas des mots dessus. Des mots qui ne leur rendraient peut-être justice dans leur pauvreté à rendre l'immatériel de par leur origine bien réelle.
